Je ne sais pas pour vous, mais moi, le jour où j'ai réussi à trouver mon équilibre et à rouler à vélo pour la première fois, il est gravé dans ma mémoire à jamais. C'est l'une de ces premières de la vie qui ne s'oublient pas... Je n'ai aucun mal à me revoir dans la cour entre les rues Monkland et Brodeur, avec la petite voisine dont j'oublie malheureusement le nom et à qui je dois une parcelle de liberté.
Aujourd'hui, c'est au tour de mes enfants de connaître ça.
Ça faisait quelques jours que Benoît, mon fils, s'intéressait particulièrement à son vélo. L'an passé, on avait essayé de le faire rouler, mais c'était trop tôt: il se laissait pousser sans réussir à vraiment pédaler comme il faut. Et cette année, après quelques tentatives, on avait laissé aller les choses.
Mais voilà que de lui-même, il a ressorti son petit Vélo Sport bleu (récupéré des déchets d'un voisin l'an dernier). Était-ce pour pouvoir accompagner son petit copain qui sait déjà rouler? Parce qu'il se sentait soudain l'assurance d'aller un peu plus vite et qu'il avait découvert que la vitesse, ça grise?
Toujours est-il qu'hier, on le sentait prêt. Alors j'ai enlevé les petites roues de son vélo et je lui ai cérémonieusement remis ce dernier pour qu'il se lance tout seul. J'ai dit à Benoît que je courrais à côté de lui pour le retenir au cas où il perde l'équilibre. "Alors ça va être toi, mes petites roues, papa?"
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